Vision de l’agriculture – Denis Tassé s’exprime

Au fil de discussions tenues avec les citoyennes et citoyens de Gatineau, j’ai perçu cinq grands enjeux dans le domaine de l’agriculture pour notre région. Il me fait plaisir de partager avec vous ma vision sur ceux-ci.

 

1. Le Plan de développement de la zone et des activités agricoles (PDZAA)

Ce plan est en élaboration et demeure un outil fondamental pour :

  • Réaliser un portrait du territoire et des activités agricoles;
  • Faire un diagnostic;
  • Créer une vision d’avenir;
  • Proposer un plan d’actions ciblées plutôt qu’une grande quantité d’actions susceptibles de ne pouvoir être menées à terme, le tout en complémentarité des autres outils de planification existants sur le territoire.

En somme, le PDZAA devrait contribuer à mon sens à :

  • La vitalité économique de la région,
  • La réduction du prix du panier d’alimentation
  • L’agro-tourisme.

Nous devons privilégier l’approvisionnement local. Nous avons la chance d’avoir un territoire dont 35 à 40% de la superficie est agricole. Le Comité Consultatif sur l’Agriculture (CCA) a reçu un rapport d’étape du chargé de projet pour le PDZAA :

  • On y apprend que 60% des terres agricoles ne sont pas occupées;
  • Le rapport identifie les forces et les faiblesses de notre région au niveau du secteur agricole;
  • J’aborderai certains de ces sujets dans les points qui suivent.

Nos terres sont relativement jeunes en ce sens qu’elles n’ont pas été exploitées depuis de nombreuses générations. Elles sont fertiles et ont subi les pesticides et engrais moins longtemps qu’ailleurs. L’exploitation de cette grande surface saine nous donne la chance d’acheminer les produits de la terre à la table et ainsi, réduire les coûts.

La ville devrait faciliter la transformation artisanale. Il faut faire une place à nos agriculteurs et agricultrices qui désirent mettre en valeur leur produit. Il faut :

  • Réduire les contraintes règlementaires régionales au démarrage et au développement des entreprises;
  • Adresser la situation de la propriété de terres agricoles par des non-agriculteurs.

En conclusion, je partage entièrement l’observation du Comité Consultatif Agricole dans son procès-verbal de la 74ième Séance tenue e 5 juin dernier à l’effet qu’il faut permettre une plus grande latitude commerciale lorsque près d’un territoire urbanisé.

Et je compte sur le grand projet du Comité Consultatif sur l’agriculture qu’est le PDZAA pour nous aider à développer une image globale souhaitée du développement agricole dans un horizon à long terme en partenariat avec une participation citoyenne.

 

2. Terres en friche

 

Les terres en friche constituent une perte nette en termes de productivité. Il y a beaucoup de spéculation foncière. Plusieurs terres sont acquises dans le but d’une exploitation domiciliaire future qui pourrait survenir dans 20 ou 30 ans. Ces terres retournent donc en friche où toutes sortes de plantes nuisibles ou sauvages s’établissent.

  • L’emprise de propriétaires fonciers sur des terres arables inutilisées dans un but spéculatif à long terme empêche une exploitation utile;
  • Le PDZAA soulèvera sans nul doute cet aspect négligé de notre terroir;
  • Je m’engage à protéger ces terres de tout développement immobilier, de créer une surtaxe sur les terres en friche, de réserver les sommes perçues pour supporter le développement de ces terres;
  • Les terrains « vacants » pourraient alors faire l’objet d’une location à des fins agricoles et pour encourager cette vocation :
    • La ville pourrait avoir des taux de taxation alternatifs moins élevés que ceux imposés pour la « surtaxe » de terres en friche;
    • J’ai déjà mentionné qu’il faut considérer réduire les contraintes règlementaires régionales au démarrage et au développement des entreprises;
  • Mettre à contribution nos leviers de développement économique, ID Gatineau et l’économie sociale.

 

3. La place de la relève

 

Il faut faire place à la relève agricole. Il y a de vastes terres autour de l’aéroport qui sont inutilisées. On ne fait rien à Gatineau pour encourager la relève. Il n’y a pas de plateforme pour essayer des choses en agriculture, comme des serres. La production
actuelle coûte cher. Nos jeunes doivent acheter du terrain, faire drainer, acquérir machinerie et bâtiments. Il faut toute une vie (ou deux) pour payer tout cela.

  • La table agro-alimentaire située à l’Ange-Gardien s’est établie dans cette municipalité parce qu’elle y a mis des terres à sa disposition;
  • La municipalité pourrait louer ce qui lui appartient. Une nouvelle législation accorde aux municipalités davantage de capacité pour gérer leur territoire;
  • Soyons audacieux et considérons les initiatives de jeunes agriculteurs pour exploiter davantage nos lots inoccupés;
  • Aidons-les à percer le réseau traditionnel de vente commerciale ou faisons mieux encore, facilitons l’ouverture de marchés publics dans les secteurs où il n’y en a pas.

 

4. Agriculture urbaine

 

La ville devrait mettre en place un programme pour des initiatives citoyennes dans les districts pour favoriser l’agriculture urbaine, l’environnement et de saines habitudes de vie. C’est inscrit dans mon programme. J’ai pris l’engagement d’y souscrire 2 millions de dollars. Avec ce programme, j’espère étendre :

  • Le programme de potagers;
  • Le programme d’apiculture;
  • Le programme de poules urbaines.

J’ai aussi pris l’engagement de permettre le jardinage sur des espaces publics. Il ne faut plus mettre à l’amende les personnes qui font usage d’espace pour nourrir le monde.

 

5. Protection des cours d’eau

 

Les décennies récentes ont permis si ce n’est encouragé l’asséchement de tout ce qu’on pouvait. Nous avons créé un problème. Les milieux humides sont des usines de filtration naturelle. Ils retiennent et contribuent à éliminer les polluants avant le rejet d’eau à la rivière. Ils rendent donc de précieux services écologiques.

C’est avec la plus grande prudence qu’il faut envisager de considérer le dézonage de ces milieux. La ville possède déjà un bon programme de protection des milieux humides de même que pour la protection des rives.

  • Le problème le plus important dans la région est celui du débordement d’égouts non traité. C’est une question importante pour la biodiversité et la santé publique;
  • Nous avons vécu 1400 surverses en 86 endroits à travers Gatineau;
  • Présentement, nous allouons 3 millions de dollars par année et certains projets comme les travaux sur le boulevard St-Joseph vont aider;
  • On estime à 350 millions le budget pour régler le problème;
  • Nous devons nous prendre en main et faire en sorte de ne pas nuire au travail accompli à Ottawa pour la sauvegarde de nos rivières;
  • Le maire Watson est allé chercher 125 millions en subvention du provincial et du fédéral. La ville d’Ottawa a mis 107 millions;
    • En deux ans, ils ont réglé 90% des problèmes.
  • Le maire Bureau est allé chercher 70 millions pour les usines d’eau;
    • C’est à nous de prendre notre place;
    • Sous l’administration Bureau, 6,8% du budget provenait de subventions;
    • Sous l’administration Pedneaud-Jobin, nous sommes descendus à 2,9%.
  • Dans le prochain mandat, je m’engage à mettre en place un plan d’action pour l’assainissement des eaux de nos rivières;
  • A court terme, il faut mettre en place des avis publiques lorsqu’il se produit des surverses importantes, au même titre que les avis d’ébullition.